Alain GNEMMI,
Enseignant (à Nantes)
Posté le 3 sept. 2008
"Bonne analyse qui j’espère mettra en réflexion le plus grand nombre. Notre place dans l’ensemble national est une excellente question et pour l’heure, personne n’y a apporté une réponse satisfaisante sur le plan politique. Je ne peux m’empêcher de penser que cette question concerne tout l’outre-mer et pas seulement La Réunion.
En ce qui nous concerne plus particulièrement, peut-être doit-on chercher en partie les causes de la discrétion réunionnaise dans un manque de solidarité due à la diversité des composants de la société et à un cloisonnement géophysique à l’échelle de l’île. Puisqu’on fait la comparaison avec les antillais, la société semble plus « homogènes » et donc plus solidaire. La discrétion réunionnaise est donc également à rechercher dans la géographie de l’île. En effet, avant que n’existent toutes ces routes qui ont désenclavés chaque recoin de La Réunion, les gens vivaient de façon cloisonnée. Entre les hauts et les bas, les cirques, les vallées et les montagnes, rien ne jouait en faveur d’une réelle unité et solidarité. Si l’on regarde à Maurice à côté, la géographie de l’île, sans barrières montagneuses, a favorisé les échanges entre les villages et l’histoire a fait que le peuple mauricien a demandé très tôt son indépendance. La pression des autorités jusque dans les années 80, autorités d’Etat et religieuses, ont enfermé beaucoup de réunionnais dans des systèmes de pensées qui n’ont pas joués en faveur de la reconnaissance d’une identité propre.
Aujourd’hui heureusement les choses ont évolué et on constate que les jeunes réunionnais affirment leur « rérunionèzeté » à La Réunion et ailleurs dans le monde. C’est le fruit d’un combat qui a été mené par de nombreux réunionnais et qui n’est pas terminé. L’explosion culturelle à laquelle on assiste aujourd’hui, et dans laquelle chaque réunionnais doit se reconnaître, ne doit pas par ailleurs faire croire que le combat est terminé. Encore trop de réunionnais vivent cachés dans le monde… Allon lèv la têt, nou lé pa plus, nou lé pa moin !"
Posté le 10 sept. 2008
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Lèspas franko-eropéo-intèrnasyonal-.. toutsakouvé.. i dwa pa fé oubli anou kosa nou lé avantou, zis dovan nou minm:in pèp métis, i sort si 3 kontinan, la viv in istwar doulouré akoz konlonyalism fransé, i viv zordi dann somaz, ek in grankèr, in sans lakèy konm na pi, in péi mistik, espirityèl, konm na pwin dan dot rézyon "la Frans intèrnasyonal", ek tout kalité kiltir, son manzé, son fason d'viv é sirtou ek son LANG, lo pli zoli baba listwar domoun nout péi la fénésans ansanm!...
Jean-Yves ROCHOUX, Maître de conférences à l'Université de La Réunion
"Il est vrai que la « discrétion » des Réunionnais est parfois étonnante. Cela tient sans doute aux multiples différences de leur histoire par rapport à celle des Antillais. Cela est sans doute une évidence totale sur le plan scientifique, mais je ne suis qu'un économiste, même si de temps en temps je me prend en plus pour un sociologue. Par contre j'ai vécu quelque chose qui me semble assez significatif. Il y a quelques années j'ai beaucoup travaillé avec des économistes antillais en poste en Guadeloupe ou Martinique. Je me suis rapidement aperçu qu'ils connaissaient beaucoup mieux Paris (et d'autres grandes villes françaises) que moi (métro et provincial). De plus ils avaient aussi une meilleure connaissance des acteurs politiques et médiatiques, cela explique peut-être, au moins partiellement, leur plus grande présence dans les débats français et ultra-marins. C'était dans les années 80-90, cela change sans doute. À l'époque la distance semblait jouer un rôle important, ils voyageaient beaucoup plus facilement que les Réunionnais."
Posté le 12 sept. 2008
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