Compte-rendu du Couleur Saphir n°120

"Jean-Luc Raharimanana reçu à l'A.R.C.C.", par Patricia Laranco :

Hier soir, l'A.R.C.C (*), association dynamique dans son souci de promouvoir les différentes cultures de l'Océan Indien en sus de sa vocation première, qui est de parler de la culture réunionnaise, a invité dans ses nouveaux locaux, pour une présentation de son parcours littéraire, Jean-Luc Raharimanana, poète, essayiste, romancier et dramaturge malgache.
Devant une salle comble, les animateurs Stéphane Hoarau et André Robèr ont d'abord tenté de cerner le personnage dans sa double dimension de militant et d'écrivain. Qu'on se le dise, Raharimanana "n'est pas un auteur de carte postale" mais bien plutôt un "creuseur de démence" qui "nous traîne dans la fange des égoûts" pour mieux nous ouvrir les yeux.
Les deux animateurs réunionnais définissent sa poésie comme une poésie dure, violente, une poésie de "démesure qui se veut l'écho du monde réel", une poésie qui témoigne, dénonce inlassablement les spasmes qui ravagent l'Ile Rouge et l'ensemble du Tiers-Monde, opposés ici au cynique "Tout va bien" hédoniste du monde privilégié du Nord, lequel veut tout sauf regarder, voir ces aspects qui dérangent son obscène confort mental.
Après cette introduction, nous entrons dans le vif deu sujet. La parole est directement donnée à l'écrivain malgache qui nous parle de ses racines traditionnelles et, en particulier, des "contes des collines" qui ont bercé sa jeunesse, dans l'ancien village de repos du plus grand des rois de Madagascar, aux alentours d'Antananarivo, et qui, selon lui, ont été à l'origine de sa vocation de conteur.
C'est de façon très prenante, très évocatrice et très touchante qu'il nous fait entrer dans l'univers particulier des contes populaires malgaches, d'où émerge une figure qui l'a marqué profondément et qui l'obsède encore : celle de "l'homme qui ne veut pas avoir été créé", ou encore "l'homme qui ne fut créé par personne".
Pourtant, au bout d'un moment, il revient à d'autres obsessions nettement plus tere à terre : celle de la violence qu'il a eu très tôt l'occasion de côtoyer, sa vie ayant été étroitement liée aux soubresauts politiques et sociaux qui ont secoué son pays; celle de la condamnation du système économique planétaire (rapport Nord/Sud) et du tourisme dont toutes les îles de l'océan indien sont désormais devenues les cibles.
Fils d'un professeur d'université, Jean-Luc Raharimanana a grandi, de son propre aveu, dans un bouillonnement d'idées qui lui a "formé l'esprit" et qui l'a amené à se poser des questions.
Donc, pour lui, rien ne va de soi, tout paraît être problématique.
La langue, en particulier, fait figure de problème central. Dans ses oeuvres, J.L. Raharimanana campe volontiers des personnages "torturés au niveau de la bouche" et s'adonne à une véritable déconstruction de la langue française (notamment dans "Za", "le livre qui zozote"). Son but est, ce faisant, de la faire sienne et de démontrer, comme il le dit si bien, que "la langue française n'est pas simplement la France".
Et d'ajouter : "je voulais rendre cette langue française étrangère à elle-même, en réponse à l'image d'altérité qui m'était renvoyée".
Au final, on voit pointer l'interrogation suprême : "cette langue française est-elle mienne ?"
Rebelle par nature, J.L.Raharimanana, appartenant à la génération à laquelle fut imposée la "malgachisation" en tant qu'idéologie et contrainte, a réagi à cette forme d'oppression en restant attaché à la langue française en tant que langue d'écriture. Même si elle n'est pas "le français des salons littéraires de France" qu'il refuse farouchement, sa langue, dit-il, n'est pas non plus le français que l'on parle à Madagascar. Alors, qu'est-ce ?
Pur produit de la subversion de langage ? Expression totalement originale d'un esprit subversif, qui ne peut que créer du neuf ?
Ce qui est certain, c'est que les livres de J.L . Raharimanana "ont été écrits dans la violence, dans les entrailles".
Après le premier intermède musical très entraînant du guitariste Tao Ravao, Jean-Luc Raharimanana aborde l'aspect franchement militant de son parcours. Ainsi, a-t-il réagi comme il se devait au "discours de Dakar" de N.Sarkozy et à la prétendue "colonisation positive", dans les livres "L'Afrique répond à Sarkozy" et "Dernières nouvelles du colonialisme".
Ainsi, clame-t-il que, partout en général et à Madagascar en particulier,"le huitième péché, c'est la prise de la parole".
Sous l'espèce de la question frontale : "pourquoi ne veut-on pas écouter la parole des Africains ?", l'écrivain malgache dresse un constat.
Il parle avec calme et douceur, mais l'on peut percevoir l'ampleur de son exaspération. Par exemple, il s'empresse de citer, à ce propos, la phrase de Césaire : "Accomodez-vous de moi. Je ne m'accomode pas de vous".
Voici qui est clair : "l'assimilation à la française" a fait son temps.
L'auteur s'aide de ses mots grinçants pour envoyer promener le poids colonial. A peuve...depuis peu, il accepte -enfin- de publier en Malgache. Il a, à présent, pris suffisamment de recul d'avec ses années de formation (marquées par des professeurs de Malgache qu'il qualifie d' "épouvantables" autant que par le spectacle non moins atroce de la pauvreté, déclencheuse, selon lui, d'une "émotion trop forte pour la décrire en Malgache").
J.L.Raharimanana le redit : il trouve la langue des contes recueillis par les missionnaires dans les villages "fascinante" et il s'est beaucoup enrichi à la lecture des poètes qui écrivent en langue malgache (surtout de Rabearivelo, dont il goûte le "traîtement de la langue et la sonorité", de Dox dont le "folie" l'enchante et de Ranza Zanamihatra qu'il aime pour son caractère philosophique et son rapport à l'écriture).
Après nous avoir confié -paradoxe des paradoxes- qu'il était arrivé en France dans le but de continuer des études portant sur la langue et la civilisation malgaches, J.L.Raharimanana enchaîne en nous donnant lecture d'un de ses textes écrits dans sa langue maternelle.
Ensuite, encore sous la forme d'une question, il aborde un problème qui, visiblement, le tourmente : "quel poids a l'être seul dans ce pays (Madagascar) ?"
Ce questionnement, selon lui, renvoie à "la question de la prise de la parole". En effet, "dans la société malgache, on ne prend pas la parole comme ça". Il nous explique qu'il y a "des exclus de la parole" et que seuls "l'aîné, l'ancêtre, le sage" ont l'autorisation de parler.
Pour Jean-Luc Raharimanana, comme pour tout Malgache d'ailleurs, la parole implique un grand risque. Il n'hésite pas à la comparer à une sorte de boomerang qui, en certains cas, peut s'avérer carrément "mortel".
A Madagascar "tout kabary (prise de parole) commence obligatoirement par des excuses préalables".
D'où les lancinantes et fascinantes interrogations : "est-ce que ça vaut le coup de parler ?", "Est-ce qu'on peut simplement se dire "je parle en mon nom" ?".
Là, il cite, de façon très révélatrice, René Char, poète qu'il apprécie : "Dis ce que tu as à dire, et meurs pour l'avoir dit pour tous".
Voilà qui peut, certes, faire réfléchir. Et nous ne nous en privons pas.
Car cela implique que le conteur, l'écrivain seraient des martyrs, des sacrifiés en puissance.
Là-dessus, après que Jean-Luc Raharimanana eût signalé qu'il écrivait aussi des paroles de chansons pour le musicien Tao Ravao qui s'empressa de jouer un air, on aborda la dernière partie de la présentation de l'auteur malgache et, avec elle, la place qu'occuppent les femmes dans la société, et dans son monde.
Dans l'oeuvre de J.L.Raharimanana, il est vrai que les femmes apparaissent "toujours meurtries". Elles sont décrites, conformément aux faits de l'histoire malgache actuelle, comme les principales victimes de la pauvreté, de la violence, de la discrimination.
Ainsi, apprend-on que le viol est devenu dans l'île un véritable fléau et que la population des mendiants qui hante les grandes villes est très majoritairement féminine. De même, une famille préfèrera-t-elle toujours la scolarité d'un garçon à celle d'une fille. Raharimanana souligne qu'en situation de pauvreté, c'est toujours sur les épaules des femmes que repose le poids du monde.
Ce sont là des injustices qui, on le sent, révulsent le poète, lequel accouche -une fois de plus !- d'une question : "la culture traditionnelle a porté la femme au pinacle; la femme a donné la vie. Que faisons-nous de la vie ?"
Comment ne pas constater que cet auteur-là est dans le questionnement perpétuel ? Que questionnement et dénonciation sont, si je puis me permettre, les deux mammelles de son oeuvre ?
De là, sans doute, découle la réputation assez sulfureuse qui, dans les pays de l'Océan Indien lui est faite.
Ce qui est sûr, c'est que Jean-Luc Raharimanana fait débat. Il a été même, nous l'apprenons, plus d'une fois aux prises avec la censure (y compris celle de la France).
Ce qui frappe, c'est qu'il assume totalement cette image d'écrivain "provocateur", dérangeant qu'on a tendance à lui attribuer.
Comme il adore, visiblement, les idées qui circulent et les débats, il se régale de celui qui ne manque pas de s'enclencher immédiatement après le dernier morceau musical de Tao Ravo.
Ledit débat, cela n'étonnera personne, tourne autour de la langue, des variantes de la langue malgache, qui font de la grande île un pays si complexe, si interessant.
Finalement, tout le monde tombe d'accord avec J.L Raharimanana lorsqu'il insiste sur l'unité linguistique de l'île rouge.
On est frappé par le calme et par la simplicité de cet auteur malgache, par son goût évident et très agréable du dialogue et de l'écoute.
Chez Jean-Luc Raharimanana, aucune arrogance, aucune pose .
Rien que de la sincérité et de l'esprit de réflexion. Une passion qu'il sait communiquer sans cependant jamais se départir de son sérieux, de sa pondération.

P. Laranco.

(*) Association Réunionnaise Communication & Culture
162 bis Rue Pelleport - 75020 - Paris.

Vos réactions à l'édito de Françoise Rivière

Alain GNEMMI,
Enseignant
(à Nantes)

"L'article de Françoise Rivière " Etre Réunionnais" est des plus intéressant. Mon intention est de l'utiliser dans les classes de BTS où j'enseigne, il sera profitable à des étudiants et leur ouvrira les yeux sur d'autres réalités que la leur [...]."

Posté le 3 sept. 2008


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Lilian MALET, Délégué Général de l'ACCD'OM (Association des Communes et Collectivités d'Outre-Mer)

"Bonne analyse qui j’espère mettra en réflexion le plus grand nombre. Notre place dans l’ensemble national est une excellente question et pour l’heure, personne n’y a apporté une réponse satisfaisante sur le plan politique. Je ne peux m’empêcher de penser que cette question concerne tout l’outre-mer et pas seulement La Réunion.

En ce qui nous concerne plus particulièrement, peut-être doit-on chercher en partie les causes de la discrétion réunionnaise dans un manque de solidarité due à la diversité des composants de la société et à un cloisonnement géophysique à l’échelle de l’île. Puisqu’on fait la comparaison avec les antillais, la société semble plus « homogènes » et donc plus solidaire. La discrétion réunionnaise est donc également à rechercher dans la géographie de l’île. En effet, avant que n’existent toutes ces routes qui ont désenclavés chaque recoin de La Réunion, les gens vivaient de façon cloisonnée. Entre les hauts et les bas, les cirques, les vallées et les montagnes, rien ne jouait en faveur d’une réelle unité et solidarité. Si l’on regarde à Maurice à côté, la géographie de l’île, sans barrières montagneuses, a favorisé les échanges entre les villages et l’histoire a fait que le peuple mauricien a demandé très tôt son indépendance. La pression des autorités jusque dans les années 80, autorités d’Etat et religieuses, ont enfermé beaucoup de réunionnais dans des systèmes de pensées qui n’ont pas joués en faveur de la reconnaissance d’une identité propre.

Aujourd’hui heureusement les choses ont évolué et on constate que les jeunes réunionnais affirment leur « rérunionèzeté » à La Réunion et ailleurs dans le monde. C’est le fruit d’un combat qui a été mené par de nombreux réunionnais et qui n’est pas terminé. L’explosion culturelle à laquelle on assiste aujourd’hui, et dans laquelle chaque réunionnais doit se reconnaître, ne doit pas par ailleurs faire croire que le combat est terminé. Encore trop de réunionnais vivent cachés dans le monde… Allon lèv la têt, nou lé pa plus, nou lé pa moin !"

Posté le 10 sept. 2008

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KAROKANN [anonyme]
"Mwin lé dakor ek la plipar kozman néna anndan lanaliz la.Lartik Franswaz Riyèr i di anou in zafèr inportan si nout kisanoulé, nout vré lidantité: Réyoné.Mé soman, mi trouv i mank in zafèr plis k'inportan: Nou lé pa ryink "Fransé dan lespas réyoné", mi diré sirtou ke sé linvèrs: nou lé "Réyoné dan lèspas fransé". Nout lidantité lé byin fagoté si in bout la tèr dan loséan indyin, é in zour nou la nni fransé pou toulbon. Nout zansèt kaf ou malbar té pa sitwayin fransé pandan tro lontan pou k nou oubli vitman zot mémwar.Byin sir, navé bonpé kréol (Bourboné) té fransé, mé nout kisanoulé i pas pa ryink par in bout papyé, in kart lidantité ("nasyonal" konm di Sarko, konmsi navé in lidantité rézyonal ke li konbat!), i pas osi é sirtou , avan tout zafèr, dèk ou lèv gran matin, kan ou respir toulézour, kan ou sa dormi lo swar, i pas par in MANYER VIV, in manyèr kozé, in LISWTAR, in pèp espésyal, in lèspas in rézyon ek SON PROP KILTIR.FO pa nou obli sa marmay.
Lèspas franko-eropéo-intèrnasyonal-.. toutsakouvé.. i dwa pa fé oubli anou kosa nou lé avantou, zis dovan nou minm:in pèp métis, i sort si 3 kontinan, la viv in istwar doulouré akoz konlonyalism fransé, i viv zordi dann somaz, ek in grankèr, in sans lakèy konm na pi, in péi mistik, espirityèl, konm na pwin dan dot rézyon "la Frans intèrnasyonal", ek tout kalité kiltir, son manzé, son fason d'viv é sirtou ek son LANG, lo pli zoli baba listwar domoun nout péi la fénésans ansanm!...
Mèrsi a tout bann lèktèr-zintèrnot.
Nartrouv.
Zis in razoutaz: Ma pa byin di kan minm ké tout sak la marké dan lartik lé bon po vréman.Mi aprouv tout sat Françoise Rivière i komant, i ogard, i analiz. Li la byin konpri lo problin, sirtou raport bann zartis lokal!Sa lé vré, la kréasyon lé la dan nout péi, mé soman na ankor difikilté pou li désot in pé la mèr.Déza, minm isi-la, La Rényon, domoun i suiv pa ankor asé la mizik lokal, la kréasyon artistik."Gouyav de Frans"! kom i di dan lartik... Kansa na "tyé la ont, la pèr pou démoyonn la vi", konm di Danyèl Waro?"
Posté le 11 sept. 2008

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Jean-Yves ROCHOUX, Maître de conférences à l'Université de La Réunion

"Il est vrai que la « discrétion » des Réunionnais est parfois étonnante. Cela tient sans doute aux multiples différences de leur histoire par rapport à celle des Antillais. Cela est sans doute une évidence totale sur le plan scientifique, mais je ne suis qu'un économiste, même si de temps en temps je me prend en plus pour un sociologue. Par contre j'ai vécu quelque chose qui me semble assez significatif. Il y a quelques années j'ai beaucoup travaillé avec des économistes antillais en poste en Guadeloupe ou Martinique. Je me suis rapidement aperçu qu'ils connaissaient beaucoup mieux Paris (et d'autres grandes villes françaises) que moi (métro et provincial). De plus ils avaient aussi une meilleure connaissance des acteurs politiques et médiatiques, cela explique peut-être, au moins partiellement, leur plus grande présence dans les débats français et ultra-marins. C'était dans les années 80-90, cela change sans doute. À l'époque la distance semblait jouer un rôle important, ils voyageaient beaucoup plus facilement que les Réunionnais."

Posté le 12 sept. 2008


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Hommage à Boris Gamaleya

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- fonnkèr et illustration de Stéphane Hoarau -

Fonnkèr dalonaz


KAN MI FERM LO ZYE

Tourn kom ou vé, partou na la mér
Mon péi in galé, in morso la tér
La pa pou sapé, rouv lo zyé ta war
Akoté la minm, lorizon lé gayar.

Mars kom ou vé, la sab lé so
Do lo do sèl la kay an gob
Dési la plaz, ban'n koray
I dékonpoz
Parèy ban'n tèt faraon
Dan'n dézér Lézip.

Karo filao i pérd sové dan'n Lérmitaz
Fami pinpin i nouri zandèt
Dan'n Sin Filip
Ou pé fé lo tour, la pwin dé plas
Lé parèy.

Kan la mér i bat, na kom in souf
Dan mon zorèy
Kan la tér i sif, lo san volkan
Lé an salér
Kan mi férm lo zyé, mi rosan
Léspri lo kér la tér

***

BABA NIYAZ

Niyaz avèk brouyar
I désan’n si la montay
Zot i koul an vwal blan
Otour kaskad Sodron.

Pik Adan la disparèt
La tourn an ki’d ta bwèt
Ziska piton Bwa’d Nèf
I dor dan’n in pay koton.

Lér lé fré lé dou
Lo’p ti van lé glasé
La rozé la mouy partou
Pangar pou pa glisé.

Par an ba la mér lé nwar
I fé pér ziska
Li apa lwin arzwin’n brouyar
Pou fé nèt in’n ti baba
In’n ti marmay do lo
In farinn pou nou aswar.


- Karl BEGUE, Poèmes créoles, The Book Edition, 2008 -

Nout tout Rénioné, fo nou pra konsyans in zafèr inportan:

nou lé pa ryink frankokoz, é zis sa i fé di amwin ke nou dwa mèt nout dëlangazité dann in gran vane pou byin tri kèl fransé , kèl kréol. Triyé i vé pa dir séparé pou mèt an opozisyin, "pou fé batay dé frèr" (po ropran inn ti fraz in maloya défin Rwa Kaf), non va! Mèt fransé son koté èk son koté, pou byin gard lé dê koman i fonksyone, pou byin war ke, minm si lé byin parèy, nana tro diférans rant tou lé dë. Lé pa posib di ke kréol lé zis in varyant fransé.

Sa promyé karo pou dépayé.

Aprésa, na ankor in bèl galé pou tiré osi dan nout konsyans: nou kalkil lo gro i tap lo pti, donk, pa bézwin aprann kréol, vik i sèrv pa ryin alèrdzordi: PARKOMAN ou sa di in moun : mi koz pa fransé ditou, mé ma giny avansé! anfèt, mi réponn konmsa mwin: nou koz fransé, é tan myé, i vé dir nou métriz in not lang, apar kréol. Anpliskésa , sé lo lang léta, lo lang ki "done aou travay" si nou vé di sa vitman. Mé fo byin nou konpran, kan ou vé giny in travay dann biro, ou sansa si ou ariv dann ladministrasyon, si ou lé dan in linivèr kréolokoz, lo fèt koz fransé otomatikman, san minm domann lo moun an fas dé ou, sa minm la po tué nout lidantité k'lé déza sitèlman malizé.

Alor? Kansa fo koz fransé? Kan na pwin lo shwa, pou ansort anou, pou fé konprann lot out mésaz, si na in

Le KWZ n'est pas du créole


Le Quotidien, 17/02/2008

Vous dites graphie éthymologisante ?


Le Quotidien, 08/02/2008

Il y a 30 ans, "l'écriture 77"


Le Quotidien, 21/10/2007